Épisodes · ÉP. 398

La Psychologie de la Performance – Ce qui différencie réellement les meilleurs

avec Bilal Bourazza
« Le cerveau ne fait pas la différence entre ce qui a été vécu ou pas. »
L'épisode

À 18 ans, toute sa promo se moquait de ses ambitions. Aujourd'hui, il prépare l'élite mondiale du sport.

Bilal Bourazza est préparateur mental et physique. Il accompagne des footballeurs professionnels, des athlètes paralympiques et des nageurs de l'extrême sur les défis les plus durs du monde.

Il a préparé Théo Curin, amputé des quatre membres, à traverser le lac Titicaca à 4000 mètres d'altitude. Puis à terminer le Santa Fe Coronda, 57 km à la nage non-stop, comme premier athlète handicapé de l'histoire de la course.

Il a aussi fait remonter Malang Sarr de la cave de Chelsea jusqu'au sommet de la Ligue 1.

Et son message dérange parce qu'il est vrai : le haut niveau n'est pas glamour.

Pas de routines instagrammables. Pas de protocoles miracle. Des choses simples, répétées avec une exigence absolue, à l'abri des regards. Pendant dix ans. Quinze ans. Toute une carrière.

Ce que cet épisode vous apprend :
➡️ La moyenne n'existe pas chez les champions : c'est vert ou rouge, rien d'autre
➡️ La discipline tient là où la motivation craque toujours
➡️ Le cerveau ne fait pas la différence entre une expérience vécue et une visualisation détaillée et comment l'exploiter
➡️ Pourquoi il ne prépare JAMAIS ses athlètes à l'échec
➡️ L'entrepreneuriat est un match sans coup de sifflet final et c'est pour ça que la plupart craquent

Et vous, dans quel état êtes-vous quand vous performez vraiment ?

Si vous avez aimé ce podcast, je vous invite à vous abonner pour ne manquer aucun de nos prochains épisodes.

Pensez aussi à mettre 5 étoiles sur votre plateforme d’écoute préférée et à nous laisser votre avis !

Enfin, si vous avez des questions ou des sujets spécifiques que vous aimeriez que j’aborde dans un futur épisode, n’hésitez pas à m’en faire part.

En savoir plus

Le parcours de Bilal Bourazza : de la raquette cassée à douze ans à Athletic Académie, le préparateur qui a transformé ses failles en méthode

À l’origine, il y a un court de tennis. Bilal a entre dix et treize ans. Il joue bien, mieux que la moyenne. Il fait aussi un peu de foot, mais le tennis, c’est là qu’il y a quelque chose. Et puis, comme beaucoup d’enfants doués, il se prend une série de pépins physiques. Blessures. Rééducation. Réathlétisation.

C’est là qu’il s’intéresse pour la première fois aux process. Pas par curiosité intellectuelle. Pour revenir plus vite sur le terrain.

Mais il y a un autre problème. Une « faille », comme il dit. La gestion des émotions, c’est pas son fort. Quelques raquettes y passent. Au plus grand désespoir de ses parents, les pauvres.

Il leur demande un livre. Un livre sur la préparation mentale. On est encore loin des ressources qu’on a aujourd’hui. Il lit ce qu’il trouve. Il regarde Nadal poser sa bouteille toujours dans le même sens. Il regarde Federer et ses routines. Et il comprend.

Ça lance tout.

Il s’invente seul un code couleur : vert quand il joue libéré, rouge quand il est crispé. Pas de jaune. Soit on est au top, soit on cherche comment y revenir. Cette grille mentale, vingt ans plus tard, il la sert encore à ses athlètes pros.

Mais avant ça : l’école. Bilal est studieux, scolaire, prédestiné à de longues études. En terminale, il bute sur un prof dont les valeurs le dérangent. Il claque la porte. Passe son bac en candidat libre. L’a.

Premier acte de cohérence : il choisit ensuite une formation courte, axée terrain, contre tous les conseils. Quand il arrive en cours, il a dix-huit ans, sa trousse, et toute la promo qui le vanne. Quand on parle objectifs professionnels, il dit qu’il veut bosser avec des sportifs pros. On lui répond qu’au mieux, il aura quelques clients en individuel à soixante euros de l’heure.

Il s’installe à son compte la même année.

Pendant des années, il bûche. Il cumule les certifications. Il compense la formation courte par une exigence acharnée. Le syndrome de l’imposteur le suit longtemps. Il se construit une crédibilité par la connaissance, par l’exemplarité, par la rigueur qu’il s’impose dans son propre quotidien sportif. Il teste sur lui-même tout ce qu’il demandera ensuite à ses athlètes.

Puis vient Théo Curin.

On est en 2021. Théo est nageur paralympique, amputé des quatre membres après une méningite à six ans. Ils ont fait deux séances ensemble. Théo lui propose de le préparer à traverser le lac Titicaca, à 4 000 mètres d’altitude, en relais avec deux autres nageurs valides — Malia Metella, ancienne olympique, et Mathieu Witvoet, aventurier. 120 kilomètres. Dix jours. En tractant un radeau. Bilal connaissait le Titicaca par les livres d’histoire.

Il prépare l’altitude par hypoxie, l’adaptation au froid, la gestion de la fatigue. Sur place, la foudre frappe à quelques mètres de l’embarcation. La grêle s’abat. La météo, c’est le seul paramètre qu’il n’avait pas pleinement anticipé. Théo manque de tout arrêter. Le collectif tient.

L’année suivante, Théo revient avec un autre projet : Santa Fé–Coronda. 57 kilomètres à la nage en eau libre. Une dizaine d’heures de nage continue, sans pouvoir toucher le bateau d’assistance. Premier athlète paralympique à s’y inscrire. Bilal le prépare un an. La séance type, c’est de la visualisation. Encore et encore. Le contre-courant, l’eau boueuse, les marécages — et surtout, l’arche d’arrivée, la plaque qu’il faudra claquer en touchant. Le bruit de la plaquette en plastique contre la plaque, imaginé jusqu’à le réentendre la nuit. Théo finit la course, en larmes. Il dira plus tard qu’il avait tellement vécu cette arrivée d’avance que son cerveau la considérait déjà comme acquise.

À côté des grands défis, il y a le quotidien des footballeurs pros qu’il prépare individuellement — y compris un joueur passé par Chelsea, mis à la cave malgré ses qualités, qu’il aide à tenir une logique de travail à l’abri des regards.

Et puis, dernière étape : Athletic Académie.

Bilal a toujours été obsédé par la transmission et par la qualité du terrain. Il a vu trop de coachs sacrifier l’expertise pour l’aspect entrepreneurial, ou l’inverse : d’excellents techniciens incapables de se vendre. Athletic Académie réunit les deux. Une formation pour coachs et préparateurs physiques qui veulent passer au niveau supérieur sans transiger sur la rigueur.

Il l’a annoncé comme son grand déclic. Il avait mis du temps à se lancer.

Dans cet épisode du Déclic, il explique :
— Pourquoi la performance n’est pas une question de talent ou de chance, mais la maîtrise méthodique des paramètres contrôlables
— Comment se conditionner mentalement avant un moment décisif, et pourquoi le cerveau ne distingue pas le vécu de l’imaginé
— Pourquoi le haut niveau n’a rien de glamour, et pourquoi ce sont toujours les choses simples, répétées dans la durée, qui font la différence

L'invité
Bilal Bourazza
Bilal Bourazza

Bilal Bourazza cassait ses raquettes de tennis à douze ans. Il en a fait son métier.

En résumé :
→ Préparateur mental et physique de l’élite sportive : footballeurs pros, nageurs de l’extrême, athlètes paralympiques
→ Devise : « à chacun sa performance »
→ Joueur de tennis prometteur enfant, freiné par des pépins physiques et une vraie « faille » dans la gestion des émotions, d’où les raquettes cassées
→ Demande à ses parents un livre sur la préparation mentale, observe Nadal et Federer, invente seul son code couleur vert/rouge à treize ans
→ En terminale, claque la porte du lycée après un désaccord avec un prof, passe son bac en candidat libre, choisit une formation courte axée terrain
→ Lance son activité d’indépendant à dix-huit ans, alors que toute sa promo lui répète que « bosser avec des sportifs pros, personne ne le fait »
→ Prépare Théo Curin, nageur paralympique amputé des quatre membres, à traverser le lac Titicaca en relais sur 120 km, puis le marathon aquatique Santa Fé–Coronda, 57 km à la nage
→ Accompagne des footballeurs pros, dont un ex-Premier League passé par Chelsea
→ Fonde Athletic Académie pour former des coachs sportifs qui refusent d’arbitrer entre qualité du terrain et qualité entrepreneuriale
→ Enseigne la biomécanique et la méthodologie de l’entraînement

Le déclic n’arrive pas dans une salle de conférence. Il arrive sur un court de tennis, raquette en main, à douze ou treize ans.

Bilal joue bien. Plus que bien. Il s’entraîne, il progresse, il vise. Et puis le match arrive. Et là, quelque chose se ferme. Il joue petit bras, il retient ses coups, il ne reproduit pas ce qu’il fait à l’entraînement. La frustration monte. La raquette explose. Une fois. Deux fois. Au plus grand désespoir de ses parents.

Un autre enfant aurait passé à autre chose. Lui demande un livre. Un livre sur la préparation mentale. À l’époque, on n’a pas Internet à portée de tout. Il lit. Il observe Nadal qui pose sa bouteille toujours dans le même sens. Il observe Federer et ses protocoles. Il comprend qu’il existe un travail invisible derrière ce qu’on voit à l’écran.

Et puis il invente. Tout seul. Un code couleur. Vert : il est dans son état interne positif, il joue libéré, il prend des risques. Rouge : il est crispé, frustré, tendu. Plus de jaune entre les deux. Pas de moyenne. Soit on est en vert, soit on doit chercher comment y revenir le plus vite possible. Cette idée d’ado, il la traîne encore aujourd’hui dans toutes ses séances de préparation mentale avec les athlètes pros.

Le reste découle. Le bac passé en candidat libre après un conflit en terminale. La formation courte assumée contre l’avis général. L’installation à dix-huit ans alors qu’on lui promet, dans le meilleur des cas, soixante euros de l’heure et quelques clients en individuel. La rigueur acharnée pour combler ce que les longues études ne lui ont pas donné.

Et puis Théo Curin qui débarque un jour avec un projet à peine croyable : traverser le Titicaca à la nage. Bilal accepte. Foudre, grêle, altitude, froid. Ils tiennent. Le projet en appelle un autre. Cinquante-sept kilomètres à la nage en eau libre, premier athlète paralympique à le faire.

Tout part d’une raquette cassée.

Questions fréquentes
Bilal Bourazza est préparateur mental et physique, intervenant et consultant, qui accompagne l'élite sportive — footballeurs professionnels, nageurs de l'extrême, athlètes paralympiques — et qui a fondé Athletic Académie pour former les coachs sportifs exigeants à la croisée du terrain et de l'entrepreneuriat.
De jeune joueur de tennis frustré qui cassait ses raquettes à treize ans à entrepreneur indépendant à dix-huit ans après un bac passé en candidat libre, il s'est forgé seul une méthode en cumulant lectures, certifications et expérience terrain, jusqu'à préparer aujourd'hui des athlètes paralympiques aux marathons aquatiques les plus durs du monde.
La création d'Athletic Académie, son académie pour coachs sportifs exigeants, qui réunit deux univers qu'il a vus trop souvent dissociés — l'expertise terrain et la qualité entrepreneuriale — au service d'un maximum d'athlètes et de clients.
Il continue d'accompagner individuellement des athlètes pros tout en développant Athletic Académie comme un standard de formation pour coachs et préparateurs physiques indépendants qui refusent la médiocrité, et en intervenant comme consultant sur la performance mentale et physique.
Sur Facebook et Instagram pour suivre Bilal Bourazza, et via le site et les canaux d'Athletic Académie pour les coachs et préparateurs physiques qui veulent rejoindre la formation.
À écouter ensuite
Newsletter

Ne rate aucun épisode

Reçois chaque nouvel épisode et les coulisses, directement par email.

S'abonner à la newsletter
Le Déclic — le podcast des entrepreneurs qui bâtissent, par Alec Henry et Entrepreneurs.com.

Continuer l'écoute

Épisodes similaires

ÉP. 421Astrid Deballon
04 Sep 2026

La faille neuro-émotionnelle qui sabote 90% des entrepreneurs

avec Astrid Deballon
Écouter →
ÉP. 420Pascal Rigo
28 Août 2026

Orphelin à 16 ans, il revend sa boulangerie 100 millions de dollars en cash

avec Pascal Rigo
Écouter →
ÉP. 419David Gabison
20 Août 2026

Le leader qui a écrasé des géants 100 fois plus gros : vendez cher ou disparaissez

avec David Gabison
Écouter →