92 % des dirigeants à risque sont convaincus que leur mode de vie n'impacte pas leur travail. Ils se trompent. Et certains le paient au prix fort.
Iris Ramos est psychologue du travail, chercheuse à l'Université de Tours et fondatrice de Step, le premier service de santé dédié aux dirigeants en France, déployé dans dix villes, en Suisse et en Belgique.
En 2024-2025, elle a mené la première étude française de terrain sur les addictions des dirigeants : 160 chefs d'entreprise passés au crible. Les chiffres donnent le vertige. Un dirigeant sur trois est en mauvaise santé psychologique. Un sur trois ne consulte jamais. Un sur trois s'automédique. Et 9% ont déjà pensé au suicide.
Iris décrit un mécanisme que presque tous les entrepreneurs connaissent sans le nommer. Le matin, quelque chose pour démarrer. Le soir, quelque chose pour décrocher. Un verre "social" qui devient quatre verres quatre fois par semaine. Le café qui s'enchaîne. Les écrans qui aspirent l'attention. Le travail qui passe avant tout le reste, famille comprise.
Le glissement est invisible. C'est l'histoire de la grenouille dans l'eau qui chauffe : on ne sent rien, jusqu'au jour où on est cuit.
Et la culture n'aide pas. En France, la santé est curative, pas préventive : on attend la maladie pour payer. Le dirigeant, lui, est "libre", donc personne ne surveille sa santé. Sauf le jour où il demande un prêt, et où l'assurance calcule froidement s'il mourra avant la fin du remboursement.
Iris Ramos renverse la croyance qui détruit les entrepreneurs : non, ce n'est pas la tête qui commande le corps. C'est l'inverse. Quand votre corps n'arrive plus à produire du cortisol, aucun mindset ne vous sauvera.
Dans cet épisode, vous allez découvrir :
➡️ Pourquoi votre corps est l'actif le plus rentable de votre entreprise et celui que vous négligez le plus
➡️ La différence entre un usage ponctuel, un comportement compensatoire et une vraie addiction
➡️ Ce que l'alcool "social" fait réellement à votre mémoire et à vos décisions
➡️ Les 4 neurotransmetteurs qui pilotent votre énergie, et comment savoir lequel vous fait défaut
➡️ Pourquoi le système de santé français vous soigne mais ne vous protège pas
98% du tissu économique français repose sur de petites entreprises. Donc sur la lucidité et la solidité de leurs dirigeants.
La vraie question n'est pas de savoir si vous tiendrez le rythme. C'est de savoir ce qu'il restera de vous quand vous l'aurez tenu.
Alors : prenez-vous soin de votre actif le plus précieux, ou attendez-vous qu'il vous lâche ?
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Le parcours d’Iris Ramos : de Cuba à Step, la psychologue qui a fait de la santé des dirigeants une urgence de santé publique
Iris Ramos naît à Cuba. Sa mère est médecin. Elle, elle veut la psychologie. Problème : sur l’île, qui choisit le médical ou le paramédical perd le droit de quitter le pays. Elle veut payer ses études et rester libre. Alors elle part.
Ça lance tout.
À 26 ans, avant même d’avoir fini ses études, elle crée sa première société. Psychologue du travail, experte pour les entreprises, elle facture jusqu’à 1 500 euros la journée. Puis elle comprend vite une chose : la boîte dépend d’elle, et s’il lui arrive quelque chose, elle n’a aucun filet. Alors elle investit. Des cabinets médicaux. Des bureaux loués à des professionnels de santé indépendants. Plus tard, une société d’investissement, jusqu’à une jeune pousse d’IRM portable. Six entreprises en sept ans.
Mais avant Step, il y a une césarienne.
2018, son fils naît. Cinq jours d’arrêt, reprise treize jours plus tard, agrafes au ventre. L’URSSAF lui verse 50 euros par jour et lui réclame 3 000 euros de cotisations mensuelles. La prévoyance ne couvre rien. L’experte de la santé au travail découvre, sur elle-même, l’angle mort : pour le dirigeant, la société n’a rien prévu. Ce jour-là, une conviction devient une mission.
Puis vient 2020. Le Medef lui confie une cellule de crise pour les commerçants au bord du suicide. Elle voit la détresse, l’isolement, des gens à qui on demande tout et qu’on n’aide jamais. Un associé, ancien client, qui gérait 150 ingénieurs, est emmené par les pompiers un dimanche, épuisé. C’est cette expérience qui la décide.
2021 : elle fonde Steps. Premier service de santé dédié aux dirigeants. Dix villes françaises, la Suisse, la Belgique. Tests salivaires de cortisol, bilans biologiques ultra-personnalisés, neurotransmetteurs, suivi sur cinq ans, psychologue du travail à un bouton de l’application. Le tout porté par une obsession : prévenir plutôt que réparer.
En parallèle, la chercheuse ne lâche rien. À l’Université de Tours, elle lance en 2024-2025 le premier Observatoire de la santé des dirigeants : 160 chefs d’entreprise étudiés. Les chiffres glacent. Un entrepreneur sur trois en mauvaise forme psychologique. Un sur trois qui ne consulte pas. Un sur trois qui s’automédique. 9 % ont déjà pensé au suicide. Plus de 70 % veulent arrêter dans les cinq ans. Et 25 milliards d’euros : c’est le premier poste de dépense de la Sécu, les troubles psychiques, devant le cancer et le cœur.
Aujourd’hui, elle tient une chronique santé au Figaro International, anime le podcast Attitude, organise une marche du jeudi avec le Medef en Touraine — faire du réseau sans alcool, en marchant. Sa boussole tient en une image que son frère lui a soufflée : aider les dirigeants à voir plus loin, c’est leur offrir une longue vue.
Dans cet épisode du Déclic, elle explique :
— Pourquoi c’est le corps qui commande la tête, et qu’aucun mindset ne compense des surrénales à plat ou une carence qui fait dérailler les décisions
— Pourquoi la prévention n’est pas un luxe de privilégié mais une responsabilité stratégique
— et pourquoi un bilan sans accompagnement ni changement de comportement ne sert strictement à rien
— Pourquoi on ne tient pas dix ans en se traitant comme si on n’avait pas d’avenir : la santé, la qualité des relations et une identité hors du projet sont les vraies réserves du dirigeant

Iris Ramos est psychologue, fille de médecin, experte de la santé au travail. Il aura fallu sa propre césarienne pour qu’elle découvre qu’en France, un dirigeant qui tombe ne vaut plus rien.
En résumé :
→ Née à Cuba, elle quitte l’île pour étudier la psychologie : là-bas, choisir le médical, c’est renoncer à partir
→ Arrivée en France en 2009, elle lance sa première société à 26 ans pour décrocher sa nationalité, avant même la fin de ses études
→ Psychologue du travail et experte pour les entreprises, elle facture jusqu’à 1 500 € la journée et enchaîne six sociétés en sept ans
→ 2018, naissance de son fils : césarienne, treize jours d’arrêt, 50 € par jour de l’URSSAF et 3 000 € de cotisations réclamées. Le déclic.
→ 2020, le Medef lui confie une cellule de crise bénévole pour prévenir les suicides de commerçants pendant le confinement
→ 2021, elle fonde Step, premier service de santé dédié aux dirigeants, aujourd’hui déployé dans dix villes françaises, en Suisse et en Belgique
→ Chercheuse à l’Université de Tours, elle mène en 2024-2025 la première étude française de terrain sur les addictions des dirigeants : 160 chefs d’entreprise passés au crible
→ Chronique santé au Figaro International, podcast Attitude, parutions scientifiques en cours : elle veut faire de la santé des dirigeants un sujet de santé publique
Son avocat fiscaliste l’avait prévenue : « Ce n’est pas la bonne année pour faire un enfant. » Elle n’avait pas compris. Elle comprend maintenant. L’URSSAF lui verse 50 euros par jour d’arrêt. Et lui réclame 3 000 euros de cotisations par mois. Sa prévoyance ne couvre rien.
Psychologue, fille de médecin, experte de la santé des salariés depuis des années, elle découvre une chose simple et brutale. Pour le dirigeant, rien n’est prévu. Nulle part.
Puis vient 2020. Le confinement. Le Medef lui confie une cellule de crise pour les commerçants qui pensent au suicide. Du matin au soir, au troisième étage de sa maison, elle a au téléphone des gens qui s’effondrent. Un couple de fleuristes : 20 000 euros de crédit pour un salon du mariage annulé, les fleurs à la poubelle, la dette toujours là. Entre deux appels, elle descend, tape dans son sac de boxe, boit un verre d’eau, remonte.
Elle voit alors ce que personne ne veut voir. Le dirigeant est seul. On lui demande tout. Et la société a tout prévu pour ses salariés — sauf pour lui.
« La première chose que je dois sauvegarder, c’est cet état de santé. Et c’est ma responsabilité », dit-elle.
En 2021, elle fonde Steps. Pas une salle de sport. Pas une appli de plus. Un service qui mesure, suit, accompagne, et qui replace la santé du dirigeant en tête de son plan d’action : avant l’AVC, avant le diabète, avant l’épuisement.
Iris Ramos n’a pas attendu de toucher le fond. Elle a transformé son propre angle mort en mission.




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