Vous publiez depuis six mois. Vos vidéos font cent vues. Vous en concluez que l'algorithme vous bloque.
Mamadou Dembélé a publié 1 800 vidéos. Trois par jour. Sa réponse est brutale : l'algorithme n'est pas votre interlocuteur.
Cet épisode est un guide complet de création de contenu pour les entrepreneurs : la méthode d'un homme qui a bâti The Impact Story de zéro en 2022, sans savoir faire une story Instagram, jusqu'à plus d'un million d'abonnés, une équipe de journalistes et un modèle économique qui ne repose sur aucune prospection.
Il commence par démonter l'obsession la plus répandue. La seule question qui compte, selon lui : pourquoi quelqu'un qui ne vous connaît pas regarderait votre vidéo jusqu'au bout ? Répondez sérieusement à ça et vous avez traité 90 % du sujet.
Il déroule ensuite sa méthode complète.
Dans cet épisode, vous allez découvrir :
➡️ La seule question à se poser avant de publier une vidéo et pourquoi elle règle 90 % du problème
➡️ La méthode en 4 étapes pour passer face caméra quand on déteste se voir à l'écran
➡️ Comment choisir son réseau selon sa cible, et pourquoi LinkedIn suffit à beaucoup d'entreprises
➡️ Pourquoi il consacre la moitié de son temps de production aux accroches et aux miniatures
➡️ Comment 1 800 publications deviennent une base de données de ce qui fonctionne sur votre audience
➡️ La méthode pour transformer son entreprise en média sans perdre sa capacité à convertir
➡️ Sa position tranchée sur l'intelligence artificielle dans la production de contenu
Une méthode complète, construite sur 1 800 publications et quatre ans de tests.
Alors la question devient simple : pourquoi quelqu'un qui ne vous connaît pas regarderait-il votre prochaine vidéo jusqu'au bout ?
Le parcours de Mamadou Dembélé : de Bamako aux plateaux télé, l’itinéraire d’un financier devenu le visage de l’écologie positive
Trois mondes, trois échelles d’inégalités.
Le premier, c’est Bamako. Il y naît, arrive en France à deux ans, mais y retourne chaque été, deux mois par an, pendant toute son enfance.
Le deuxième, c’est Bobigny. Un HLM, jusqu’à ses douze ans. Il ne se sent pas pauvre. Autour de lui, tout le monde a les mêmes revenus. Et quand il rentre du Mali, il se dit même l’inverse : ici, il y a des infrastructures, on est plutôt bien lotis.
Le troisième, c’est le 17e arrondissement de Paris. Sa mère, infirmière, a compris qu’on ne fait pas les bons lycées en restant dans le 93. Elle décide le déménagement. Cinq personnes dans vingt mètres carrés. Personne qu’ils connaissent. Et un garçon de douze ans qui découvre, brutalement, qu’il est pauvre par rapport à ses nouveaux copains.
Ça lance tout.
Chez lui, les études ne sont pas importantes : elles sont vitales. Sa mère a quitté une famille pauvre au Mali, décroché une bourse, fait médecine en Chine, en chinois. Les jeux vidéo sont bannis, les livres offerts pour les vacances. Résultat immédiat : le rejet. Il est dernier de classe en sixième et en cinquième.
Puis vient la quatrième. Deuxième trimestre, avertissement, menace de redoublement. La sanction annoncée à la maison est absurde et il y croit dur comme fer. Il panique. Il se met à écouter en cours. Il passe dernier à treizième, puis premier de classe. « Dès que tu commences à réaliser que tu peux devenir bon, tu prends goût à l’exercice. »
Ce sera ensuite Paris-Dauphine, économie-gestion, puis la finance. Le raisonnement est celui d’un lycéen qui choisit la filière S : ne fermer aucune porte.
Mais avant le costard définitif — un stage dans une grande banque.
Troisième mois. Il arrive un matin, ravi de son costard-cravate. Devant les tours, Greenpeace bloque les accès. Il s’étonne : pourquoi une banque, alors que Total est juste à côté ? Puis il se réjouit : on ne travaillera pas. Puis, au bout de vingt minutes d’attente, il s’approche pour comprendre.
La conversation avec une militante dure deux heures et demie. Les banques financent les énergies fossiles. Il répond que l’écologie, ce n’est pas son sujet — lui, c’est l’injustice sociale. Elle lui répond que le réchauffement frappera d’abord les plus précaires.
Cinq mois pour digérer. Cinq mois d’articles lus dans le métro, de documentaires, d’idées gardées dans un coin de la tête. Aucune scène de film, aucune décision spectaculaire. Juste un basculement lent.
Il termine son stage, valide son master 2, puis rejoint un fonds d’investissement à impact. Son métier : rencontrer une quinzaine d’entrepreneurs par semaine, écouter leurs solutions, financer celles qui tiennent. Un « Qui veut être mon associé ? » dans la vraie vie, avec l’impact comme critère.
C’est là que naît le manque. Il croise des solutions concrètes tous les jours — des applications pour mesurer l’empreinte d’un vêtement, des modèles qui s’attaquent au gaspillage alimentaire — et il constate que personne, autour de lui, n’en a jamais entendu parler.
En 2022, il lance The Impact Story. Sans savoir faire une story Instagram. Sans plan, sans modèle économique, sans l’idée que ça deviendra un média.
La suite va vite. 220 000 abonnés en 2023. Un demi-million mi-2024. Plus d’un million aujourd’hui, toutes plateformes confondues, et plus de 1 800 vidéos publiées. Le format évolue par paliers : d’abord l’entrepreneur qui parle face caméra, puis une voix off, puis lui à la fin de la vidéo, puis au milieu, puis partout. Étape par étape, parce qu’il n’était pas à l’aise.
Le modèle économique, c’est le brand content, comme les autres médias digitaux. Les marques viennent d’elles-mêmes — il n’a jamais eu à prospecter. Il finit par internaliser la partie commerciale et crée sa propre agence, qui représente le média et d’autres créateurs.
Son cap aujourd’hui : le « 25 % décisif », ce seuil de conviction à partir duquel un groupe fait basculer l’ensemble. Développer le média, produire d’autres formats, aller vers le documentaire. Et, plus loin, une fondation.
Dans cet épisode du Déclic, il explique :
— Pourquoi le déclic n’est presque jamais une scène de film, mais un processus de plusieurs mois qu’il faut savoir laisser travailler
— Comment produire du contenu qui fonctionne en arrêtant de penser algorithme et en se posant une seule question : pourquoi quelqu’un qui ne me connaît pas regarderait ça jusqu’au bout
— Pourquoi votre niveau d’ambition dépend d’abord de votre environnement, et ce que ça implique pour un dirigeant qui veut voir plus grand

Mamadou Dembélé s’apprêtait à entrer dans une grande banque. Un matin, des militants lui ont bloqué la porte — et il a compris qu’ils avaient raison.
En résumé :
→ Né à Bamako, il arrive en France à deux ans et grandit dans un HLM de Bobigny, avec deux mois par an au Mali
→ À douze ans, la famille déménage dans le 17e arrondissement de Paris : cinq personnes dans vingt mètres carrés, un sacrifice décidé par sa mère pour l’accès aux bons lycées
→ Dernier de classe en sixième, il redresse tout après une menace de redoublement et finit par intégrer Paris-Dauphine
→ Cap sur la finance, la voie royale — jusqu’à un stage en banque interrompu par un blocage de Greenpeace
→ Il rejoint la finance à impact : quinze entrepreneurs rencontrés par semaine, des solutions concrètes qu’il découvre tous les jours et que personne autour de lui ne connaît
→ Il lance The Impact Story sans savoir faire une story Instagram, pour donner de la visibilité à ces projets
→ Le média devient le plus grand compte d’écologie positive de France, avec plus d’un million d’abonnés toutes plateformes confondues
→ Il crée ensuite sa propre agence, qui représente le média et d’autres créateurs sur leur partie commerciale
→ Son obsession : le « 25 % décisif », le seuil à partir duquel une société entière bascule
Troisième mois de stage. Il arrive un matin en costard-cravate, fier de ressembler aux personnages des séries qu’il regarde. Devant les tours, Greenpeace bloque les accès. Sa première réaction : pourquoi ici ? Total n’est pas loin. Sa deuxième : tant mieux, on ne travaillera pas aujourd’hui.
Puis il s’approche. Il reste deux heures et demie à discuter avec une militante. Elle lui explique que les banques financent massivement les énergies fossiles, qu’elles sont des contributrices directes du réchauffement.
Lui répond honnêtement que l’écologie ne lui a jamais parlé. Que c’est un truc de bobos parisiens. Les abeilles, les pandas. Ce qui le touche, lui, ce sont les inégalités : trois quartiers, trois échelles de richesse, un enfant qui se croyait riche en banlieue et pauvre dans le 17e.
Elle lui dit alors que le réchauffement climatique frappera d’abord les plus précaires.
Le lien se fait là. Pas d’un coup — il faudra cinq mois d’articles, de documentaires, de retours en arrière. « Les changements brutaux du jour au lendemain, je ne suis pas sûr que ça existe vraiment. » Il termine son stage, décroche son master, puis rejoint un fonds qui finance des projets à impact.
Deux ans plus tard, il crée un média. Pas pour l’algorithme. Parce que les solutions qu’il croise chaque jour, personne ne les connaît.




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