Épisodes · ÉP. 421

La faille neuro-émotionnelle qui sabote 90% des entrepreneurs

avec Astrid Deballon
« Ne jamais prendre de décision en état de stress ou de peur. C'est là qu'on fait les pires erreurs. »
L'épisode

Votre système émotionnel a un état par défaut. Un circuit que votre corps emprunte des dizaines de fois par jour, sans vous demander votre avis, parce que c'est le chemin qu'il connaît le mieux.

Pour certains, cet état par défaut c'est la sérénité. Pour beaucoup d'entrepreneurs, c'est la peur ou la frustration. Et ils l'ignorent complètement.

Astrid Deballon accompagne des chefs d'entreprise depuis dix ans. Créatrice du Fitness Neuro-Émotionnel, suivie par plus de 800 000 personnes, autrice d'Aligné(e) chez Larousse.

Elle a découvert son propre circuit de la pire façon. Dans un séminaire, on lui demande de retrouver un souvenir de joie. Elle met dix minutes à en trouver un. Et quand elle y arrive, elle est incapable d'en ressentir quoi que ce soit. Elle dirigeait des équipes entières à l'énergie.

Le reste de l'échange est fait pour mettre en place chez vous dès maintenant ce qu'elle applique : les trois questions qu'elle se pose avant chaque décision, l'autodiagnostic qu'on peut faire demain matin, et pourquoi elle interdit toute décision structurante prise en état de fatigue.

Dans cet épisode, vous allez découvrir :
➡️ Ce qu'est un signal de référence émotionnel et comment identifier le vôtre en une minute
➡️ Pourquoi votre corps vous ramène à la tension même dans les bons moments
➡️ Le test du souvenir de joie, un diagnostic que vous pouvez faire pendant l'épisode
➡️ Les trois questions à se poser avant une décision importante et le seuil chiffré en dessous duquel elle ne tranche pas
➡️ La différence entre une émotion et une intuition, et pourquoi on n'a plus accès à la seconde sous pression
➡️ Comment la confiance se construit réellement
➡️ Pourquoi la peur est un signal utile et comment distinguer un vrai danger d'une première fois

Là, tout de suite, sans réfléchir : quel souvenir de joie vous vient ?

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En savoir plus

Le parcours d’Astrid Deballon : de l’orthophonie abandonnée au Fitness Neuro-Émotionnel, la femme qui rééduque le système nerveux des dirigeants

Elle est la deuxième d’une famille de huit enfants. Un salaire pour dix. Ça oblige à s’adapter, en permanence, au nombre. Elle a adoré ça.

Enfant, elle s’assoit sur le radiateur bouillant de sa grand-mère, à Chantilly, et regarde les passants à travers la fenêtre. Elle essaie de comprendre qui ils sont, ce qu’ils vivent. Elle ne le sait pas encore, mais elle est hypersensible. À cet âge-là, on n’intellectualise pas : on l’est, c’est tout.

Puis vient le moment des études. Ses parents posent une seule condition : ce sera à Reims. Elle, elle n’a qu’une envie, partir. Alors elle cherche une filière qui coche toutes les cases du système de valeurs familial — le médical, la respectabilité, les étoiles dans les yeux — et qui, surtout, ne se fait pas à Reims. L’orthophonie. Un an de prépa à Paris, concours à Nantes.

Ça lance tout. Mais pas comme prévu.

En stage, elle se retrouve face à des adultes en rééducation. Et elle capte tout. La souffrance psychologique derrière la souffrance physique. Elle rentre le soir sans arriver à couper. Elle se souvient d’un patient laryngectomisé, gros fumeur, qu’elle rééduquait à parler autrement et qui fumait entre deux séances par son clapet. Elle se sent démunie. Elle comprend que le problème de ces gens-là va bien plus loin que ce qu’elle sait faire. Diplôme en poche, elle arrête.

Suivent les années enfants. Cinq avant trente ans. Elle se plonge dans le développement de l’enfant, s’engage dans une association qui promeut l’éducation bienveillante et participe à un colloque international à l’ONU. Ses cours préférés en orthophonie étaient la neurologie et la psychiatrie. La toile se tisse, sans qu’elle le voie encore.

Mais avant ça — 2009. L’entreprise familiale ferme. Cinq enfants, plus de revenus, des économies qui fondent. Elle ne travaille pas. « Il faut que tu te bouges, ma cocotte, sinon c’est le crash familial. » Son médecin lui parle d’un laboratoire allemand qui arrive en France. Elle démarre sans rien connaître : la vente, le management, tout, sur le terrain. Elle construit des équipes partout en France.

Et c’est là qu’apparaît la question qui va tout déclencher. Elle voit des gens motivés, qui passent à l’action, qui n’obtiennent pas les résultats que leurs efforts méritent. Elle se forme à la vente. Au management. Rien n’y fait. « Il me manque un maillon. »

Le maillon, elle le trouve dans un séminaire.

L’exercice est simple : retrouver un moment de joie. Autour d’elle, les gens y arrivent en quelques secondes. Elle, elle cherche cinq minutes. Puis dix. Quand elle finit par en trouver un, on lui demande de le ressentir. Elle en est incapable. Électrochoc. La dirigeante ultra-positive qui portait ses équipes à bout de bras découvre qu’elle est coupée de son propre corps, et que son circuit de référence — celui qui tourne 80 % du temps sans qu’elle en sache rien — s’appelle la peur.

Elle traverse alors dix-neuf ans dans une relation d’emprise. Elle commence par se rééduquer elle-même : confiance, estime, circuits. Reprendre de l’estime de soi, c’est aussi échapper à l’emprise, et la sortie sera brutale.

À trente-trois ans, sa santé lâche. Sa mère la regarde. Elles ne se parlent pas. Elle lui dit simplement : « Tu n’as pas le droit de faire ça. » Deuxième électrochoc, à l’intérieur. « Tu n’es pas née pour avoir une vie pourrie. » Et derrière, le vrai moteur : tu ne peux pas léguer cette vie-là à tes enfants.

Le reste, c’est de l’action massive. Elle se forme, va plus loin dans la compréhension du fonctionnement humain, intègre et enrichit ce qu’elle a découvert, et crée sa propre méthode : le Fitness Neuro-Émotionnel. Le principe tient dans le nom. Les émotions se travaillent comme des groupes musculaires. On identifie le circuit emprunté, on en trace un autre, on l’entretient. Cinq minutes par jour.

Aujourd’hui : dix ans d’accompagnement de dirigeants, une académie en ligne, des conférences en entreprise, plus de 800 000 personnes qui la suivent, un label musical — ADEL-France Records — et un livre paru chez Larousse le 1er avril 2026, Aligné(e) — Retrouve ton axe et réussis tout ce que tu entreprends.

Elle y défend une idée simple : être aligné, ce n’est pas un concept. C’est une sensation physique.

Dans cet épisode du Déclic, elle explique :

— Pourquoi les dirigeants les plus rationnels sont souvent les plus coupés de leur meilleure ressource — et ce que ça leur coûte en justesse de décision

— Comment reconnaître la trahison de soi avant le burn-out : le signal, c’est l’énergie qui se vide, pas la fatigue qui monte

— Les trois questions à se poser avant toute décision importante, et pourquoi il ne faut jamais en prendre une en état de stress ou de fatigue

L'invité
Astrid Deballon
Astrid Deballon

Astrid Deballon a passé des années à apprendre aux autres à aller mieux. Il lui a fallu dix minutes, un jour, pour découvrir qu’elle était incapable de ressentir de la joie.

En résumé :

→ Deuxième d’une fratrie de huit, elle grandit dans une famille nombreuse où l’on apprend très tôt à s’adapter — et à observer

→ Hypersensible sans le savoir, elle passe son enfance à regarder les gens par la fenêtre et à essayer de comprendre ce qui les traverse

→ Elle choisit l’orthophonie pour une raison peu avouable : c’était la seule filière acceptable par ses parents qui n’existait pas dans sa ville

→ Diplômée, elle arrête tout : elle capte la détresse de ses patients sans savoir quoi en faire

→ Mère de cinq enfants avant trente ans, elle se passionne pour le développement de l’enfant et participe à un colloque international à l’ONU

→ Quand l’équilibre financier de la famille s’effondre, elle se lance dans la vente sans rien y connaître et bâtit des équipes partout en France

→ En cherchant « le maillon manquant » de ses accompagnements, elle découvre le système émotionnel — et se découvre elle-même coupée du sien

→ Elle crée le Fitness Neuro-Émotionnel, à la croisée des neurosciences et du développement personnel, pour rééduquer les dirigeants sous pression

→ Aujourd’hui : une académie en ligne, des conférences en entreprise, un label musical, plus de 800 000 personnes qui la suivent et un livre chez Larousse

Un séminaire comme un autre. Elle est là pour apprendre, pour trouver ce fameux maillon qui manque à ses accompagnements. Le formateur lance un exercice tout bête : allez chercher un moment de joie que vous avez vécu.

Autour d’elle, les gens ferment les yeux. Elle cherche.

Cinq minutes. Elle cherche encore. Dix minutes.

Rien.

Astrid Deballon est alors une dirigeante solaire. Elle embarque ses équipes, elle les porte, elle leur donne de l’énergie. Et elle est incapable de retrouver un seul souvenir de joie dans sa propre vie. Quand elle finit par en trouver un, il faut le ressentir. Elle n’y arrive pas non plus.

« J’ai eu un électrochoc. »

Ce jour-là, elle comprend deux choses en même temps. La première : son circuit de référence, celui qu’elle emprunte tous les jours sans le savoir, c’est la peur. La seconde : elle vit depuis des années dans une relation d’emprise, et son mental fonctionne très bien pendant que son corps, lui, s’est éteint à côté.

Elle parle d’autoroutes. À l’intérieur de nous, des voies neuro-émotionnelles empruntées si souvent qu’elles finissent par devenir la seule route possible. Le corps va toujours au plus simple. Si votre signal de référence est le mal-être, vous pouvez arriver à un anniversaire où tout le monde rit : votre corps trouvera le moyen de vous ramener à la réunion de demain.

Alors elle a fait ce qu’elle fait aujourd’hui avec les dirigeants qu’elle accompagne. Elle a tracé une autre route. Volontairement, quotidiennement, comme on va à la salle. De la détermination, de l’enthousiasme, du courage. Un muscle à la fois.

Il aura fallu dix minutes de silence dans une salle de séminaire pour qu’une femme qui donnait de l’énergie à tout le monde s’aperçoive qu’elle n’en avait plus pour elle.

Questions fréquentes
Conférencière, autrice et créatrice du Fitness Neuro-Émotionnel, une méthode qui entraîne les dirigeants à réguler leur système nerveux pour retrouver sérénité et performance.
Orthophoniste diplômée qui n'a jamais exercé, mère de cinq enfants avant trente ans, elle s'est lancée dans la vente pour sauver l'équilibre financier de sa famille, y a construit des équipes partout en France, puis a créé sa propre méthode d'accompagnement des dirigeants.
Dans un séminaire, on lui demande de retrouver un moment de joie : il lui faut dix minutes pour en trouver un, et elle est incapable de le ressentir — le jour où elle comprend que son circuit émotionnel de référence est la peur.
Une académie en ligne autour du Fitness Neuro-Émotionnel, des conférences en entreprise, un label musical et son premier livre paru chez Larousse, Aligné(e).
Sur Instagram et Facebook, où elle réunit plus de 800 000 personnes, et sur son site de formations.
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